société de musique depuis 1884

L’Amicale 2003

Présentation de la Cécilia pour le journal de fête

texte de Raphael Delaloye, président de la Cécilia
pour le journal de fête de l’Amicale 2003

Pour parler de la « Cécilia »… … il faut absolument vous plonger avec votre imagination à la fin des années 1800…
Dans nos villages, on travaille essentiellement la campagne, on y vit au rythme des saisons et des fêtes. On a beau chercher, on ne voit vraiment aucune auto parquée dans les rues, par contre, on se connaît bien et on s’arrête volontiers pour y papoter.

Dans ce décor, un petit groupe d’ardonnains se réunit pour faire de la musique, partager lors de leurs rencontres un temps d’amitié, et parfois (!) un petit verre. Sans aucun doute que l’animation des événements locaux est aussi la motivation de ces joyeux compagnons.

C’est vrai que la télé n’occupe pas trop le quotidien des habitants, que le karaté n’est pas vraiment à la mode, la vie au village est peut-être ennuyeuse et on s’embête un peu. alors il faut bien trouver des prétextes pour s’amuser et se rencontrer ou tout au moins trouver le moyen d’animer les événements déjà existants et incontournables, les fêtes religieuses, dix ou quinze fois par année, les bals populaires aussi…

C’est sans doute dans de telles circonstances que naît la ‘Cécilia’, en 1884.

Puis les années passent, et beaucoup de choses se passent aussi.
Déjà au sein de la fanfare elle-même : organisation de festivals, séparations en deux fanfares pour des raisons politiques, premiers uniformes, cinquantenaire, succession de directeurs qui marquent à chaque fois la société de leur touche personnelle, fête du 100e anniversaire en bonne et due forme, etc.
Et autour d’elle aussi : deux guerres, apparition successive de multiples moyens de communications, et de transport, évolution du mode de vie, du monde du travail, de la condition de la femme et de l’enfant, apparition d’innombrables activités de divertissement, …
Et au millieu de tout ça, on retrouve année après année, cette chère ‘Cécilia’, fidèle et fière. Et aujourd’hui encore. Non sans une ride, certes, mais toujours là.
Elle a bien quelque difficulté à rivaliser avec les activités professionnelles débordantes de l’homme moderne, avec l’individualisme ambiant, et avec la variété des loisirs disponibles.
Mais 119 ans après, après les bouleversements sociaux et culturels du XXe siècle, sa vocation et sa motivation n’ont pas changé !

On attend toujours d’elle qu’elle sillonne les rues du village à la fête Dieu, aux fêtes paroissiales et patronales, ou à n’importe quelle autre occasion.
Les enfants regardent toujours passer ses cuivres rutilants avec émerveillement, comprenant bien qu’ils annoncent un temps de fête.
Et la fanfare continue de répondre joyeusement à cet appel.
Elle croit à son importance dans la vie sociale de son village, ce trait d’union qui rapproche les gens et qui met un peu de musique et de bonheur dans leur coeur.
Elle sait que la musique traverse le temps, les murs de nos maisons, et même nos rangées de tuyas…

Voilà l’espérance que la ‘Cécilia’ vous confie à l’occasion de son Amicale.
Que ce soit vraiment la fête au village !
Et peut-être même plus, la fête DU village…

La fanfare aujourd’hui, c’est…

20 musiciens, de 13 à 63 ans, garçons et filles, toutes sortes de caractères…
une école de musique toute neuve, avec 10 élèves de tous âges.
La soirée-concert, les sorties au village, en collaboration avec sa sœur Helvétia, d’autres sorties musicales dans le cadre de la fédération du centre.
Beaucoup de convivialité, des ‘afters’ improvisés, des week ends musicaux et conviviaux, des sorties ‘glisse’, des repas à toutes les sauces, une équipe de foot…
Un signe que le village d’Ardon est bien vivant !

Historique de la fanfare pour le journal de fête

Le premier groupement musical d’Ardon vit le jour en 1879. Trois ans plus tard, des désaccords parmi les musiciens provoquèrent la formation de deux fanfares. Leur réunification, en 1884, donna naissance à ‘la Cécilia’. La société se développa, mais, en 1905, des dissensions politiques ont entraîné le départ de certains membres qui formèrent une nouvelle société, l’Helvétia. La Cécilia entra dans la Fédération des fanfares démocrates chrétiennes du Valais central, dont elle est la doyenne.

Des manifestations importantes ont marqué l’histoire de la fanfare et du village d’Ardon:
La Cécilia a organisé les festivals de 1888, 1920, 1939, 1964 et 1991.
En 1949, la Fête cantonale des musiques valaisannes est organisée conjointement par les deux fanfares d’Ardon.
Les festivités du centenaire, en 1984, avec la présence de la fanfare de la Garde Royale Ecossaise, sont restées dans la mémoire de nombreux Ardonains.
Après 1956, 1962, 1971, 1984 et 1995, la Cécilia organise pour la sixième fois l’Amicale des fanfares DC du district de Conthey.

Lors de l’Amicale de 1995, la Cécilia inaugura son quatrième uniforme. Ses couleurs, reprises pour le nouveau logo, et son chapeau ont reçu un agréable accueil par les musiciens et le public.

L’histoire du Hall populaire d’Ardon est fortement liée à notre fanfare. Ce bâtiment, situé au centre du village et placé au cœur de cette 38e Amicale, fut construit grâce au dévouement et la solidarité des musiciens de la Cécilia. En effet, à la fin de l’année 1911, les membres de la société décidèrent de construire un local pour leurs répétitions et leurs concerts. Le chantier débuta au courant de l’année suivante et le bâtiment fut inauguré en 1913. Cependant, au cours des ans, le poids de la dette contractée par la fanfare pour la construction du Hall devint insupportable. Le Parti conservateur d’Ardon, qui en avait encouragé la construction et qui l’utilisait également pour ses besoins, accepta de le reprendre à son compte.
Le bâtiment est classé digne d’intérêt historique et fut rénové en 1982 et en 1994. Il est fréquemment utilisé pour des assemblées et des manifestations locales. La Cécilia s’y produit chaque année lors de son concert annuel.